18.01.2012
Stevie maniac
Oh la la les gens, ça fait longtemps qu'on avait pas parlé bouquins.
Bon je suis désolée j'ai pas de scoop littéraire sous le coude (mais je vais lire bientôt un Paul Auster et je vous démontrerai brillamment que les études peuvent vous dégouter de la littérature).
Non, pas de scoop, que du réchauffé, relu etc... En fait j'ai passé toutes les vacances de Noel à relire ou à lire des Stephen King. Malgré l'intelligence qui me caractérise, (tu avoueras) (sous la torture peut être mais tu avoueras), il se trouve que j'oublie systématiquement les fins des bouquins. Par exemple, je peux relire tous les Agatha Christie dont je me régalais ado, je ne serai pas obligée de jeter le livre à la moitié, me souvenant brusquement que c'était l'amant de l'actrice qui n'avait PAS tué son époux, mais le boulanger ou un obscur voisin au mobile étonnant. Sauf bien sûr pour les plus connus comme 10 petits nègres ou le crime de l'Orient Express ou le meurtre de Roger Ackroyd dont les dénouements sont inoubliables. Je m'inquiète un peu, dois je passer un scanner?
Donc ces vacances, en fouinant dans le garage j'ai retrouvé "It" puis j'ai fouiné plus fort pour n'en retrouver que très peu alors je les ai rachetés. Shining. Charlie.Désolation. La peau sur les os. Puis, jamais lus avant : Sac d'os. Danse macabre. Minuit 2 (je suis pas fan de nouvelles, alors je les avais zappés). Ce matin, Carrie ( et le Auster pour faire bien) (mais on va en reparler). Puis je me suis dit "Josy, et si tu t'intéressais un peu au bonhomme King? Voir un peu? " alors j'ai acheté "Stephen King de A à Z (un peu nul) et Ecriture, mémoire d'un métier, dudit King.
Ouais, parce qu'en fait je me dis souvent, et ma psy aussi : tu devrais arrêter de te flageller pour tout ce que tu fais. ( et si tu savais tout ce que je fais ! mon DIEU !). J'ai un peu tendance à me dire, à ce sujet là : c'est bien de lire ça? Ou alors est ce que la littérature d'épouvante est une littérature mineure? Est ce qu'il existe des écrivains au rabais (une fois qu'on a exclus de la discussion Lévy Musso et autre Gavalda) ? Ou plutôt des genres risibles?
Bon alors, lire "Ecriture" m'a totalement libérée. J'ai jeté ma culotte par dessus ma tête et en avant Guingamp.
J'aime bien quand Stevie dit (approximativement) : "les enfants ont peur des monstres sous leur lit. Je suis un adulte et je sais qu'ils n'existent pas. Cela dit, je prends garde à ne pas laisser mes jambes dépasser au cas où ils les attraperaient."
Je crois que rationnellement on a tous peur des monstres. Enfin tous. Moi c'est sûr. On n'a pas concrètement peur du fantôme ou de l'araignée géante (mon Dieu) (MON DIEU !!!) mais on a tous peur de ce qu'on croit être sûr de ne pas être possible. On ne peut pas s'empêcher de lire avidement les faits divers "trop bizarres" de possession, maison hantée, trucs pas croyables de phénomènes inexpliqués. On rit parce qu'on est sûr que ça n'existe pas et on se dit quand même par devers soi "enfin on sait jamais, René", surtout si on a un ami qui s'appelle René ( ça serait pas de chance mais bon).
Du coup on se complait à lire de la littérature épouvantesque, attiré qu'on est par l'étrange, l'irrationnel, comme on ralentit inconsciemment au spectacle d'un accident en jetant un oeil à la fois épouvanté et morbide pour voir s'il y a du sang...
Et puis on réfléchit à la création littéraire de ce genre là. Est il moins bien de lire ça que Hemingway? King mérite -t-il l'ironie et les sarcasmes des critiques car il n'écrit que ou presque ce genre là? Est il moins bon?
Il explique dans Ecriture qu'il a assisté à des cours d'écriture et en a dispensé il me semble. Et il donne quelques uns de ses trucs.. Et bien j'ai trouvé ça passionnant, les extraits d'une nouvelle, le premier jet puis la correction où l'on voit mis en oeuvre ses tics ou préférences.. Virer les adverbes, mettre l'accent sur les dialogues, ne pas détailler à outrance les descriptions physiques etc...
J'ai réalisé que c'était vraiment un GRAND écrivain. Après avoir lu ses réflexions sur la création bien sûr, mais aussi après avoir réalisé que j'aime ses romans inconditionnellement parce que je ne m'y emmerde quasiment jamais : peu d'épuisantes descriptions, des personnages creusés mais pas trop, des sentiments mais pas à outrance, pas de mièvrerie, il manque à mon goût peut être une pointe d'humour...
A l'inverse de mon héros Djian qui prétend que seul compte le style, je dis que l'histoire c'est tout. Une bonne histoire, emballée par une écriture intelligente, et c'est gagné. Enfin je crois. C'est bien pour ça que je n'arriverai sans doute jamais à écrire quoi que ce soit. Je ne sais pas inventer, je trouve que raconter la réalité prend déjà pas mal de temps. Je rappelle d'ailleurs à Chou que j'aimerais qu'elle m'explique ce qu'elle voulait dire dans son commentaire de "Chapitre 1". Je sens que ça ne va pas.. Mais pourquoi??
Bref. L'avantage avec King, c'est que quand je serai sûre d'avoir TOUT lu, je ne me rappellerai plus les premiers... (je suis vachement économique comme fille)( bon, pas au niveau chaussures, mais il faut bien que j'aie un défaut). Et là... J'ai encore Carrie, le Fléau, La peau sur les os... Et Auster (s ***** de prof de fac qui m'a écoeurée de ce gars là ! je l'ai pris tout doucement, de crainte qu'il ne me pète à la gueule, et j'ai bien senti qu'il me picotait un peu les doigts...)
Et toi? Tu penses quoi? Tu dis rien !
16:22 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
12.10.2011
La couleur des sentiments
Salut, les gens !
J'ai un de ces mal au ventre ce matin ! Bon mais c'est vrai que ça n'a rien à voir.
Je me souviens avoir mentionné un bouquin que grâce à Chou, j'avais lu et adoré.
Alors aujourd'hui l'heure a sonné (it's time !!!!!), accroche toi je te RACONTE (sois pas chagrin, je te raconte pas TOUT, mais seulement l'essentiel pour que tu salives tel un teckel devant sa Carla, ou un Sarko devant un nonos, enfin bon).
Ce livre c'est "la couleur des sentiments", de Kathryn Stockett (le SEUL problème de ce bouquin c'est le nom de l'auteur, avec des Y et des K, des H et tout, un régal pour un mot compte triple, mais chiant à écrire sans vérifier.)
Look, je te mets zune illustration particulièrement appropriée: (hahahaha que je suis drôle !)

C'est tout p'tit ("c'est tout p'tit ici, c'est moche" ! Un bisou sur les fesses de celui qui retrouve le film d'où est tirée cette citration) mais ça suffit pour constater que :
1) y a deux dames noires en tablier et que rien qu'aux godasses on peut imaginer que c'est les 60's.
2) y a un petit n'enfant blanc et blond dont s'occupent les dames, qui sont donc au service de familles blanches.
3) le titre fait fortement penser à des histoires de couleur de peau même si, avouons le, la traduction du titre original "the help" est franchement cucul. Bon.
Alors Hector? Ben c'est simple : les Zétazes dans les années 60, Jackson, Mississippi (j'adore dire ce mot, Mississippi), la ségrégation, les bonnes au service de familles blanches, élevant leurs enfants avec amour et congédiées sans autre forme de procès.
Et puis, une jeune femme blanche un peu lasse de ses copines, en tout cas un peu plus consciente des injustices, qui décide avec deux bonnes noires, d'écrire les témoignages de leur vie au services des "blanches"
Bon ça pourrait larmoyer. Ca pourrait être cliché à mort. Ca pourrait être rasoir.
Pas un seul instant. Que de l'humour, de la tendresse, pas de clichés (ou vraiment très peu) : les bonnes peuvent avoir un caractère de cochon et ne pas se laisser faire, être insolentes ou revanchardes (voir Minny qui supporte vaillamment les gnons et les gosses que lui fait son mari), les blanches, à la fois racistes et pleines de reconnaissance pour leurs bonnes (pas toutes, il en faut au moins une odieuse), ou tellement "modernes" qu'elles essaient d'être "amies" avec leur bonne (voir Celia, la Marilyne du Sud, gentille, trop décolletée et pas assez raciste).
J'ai juste adoré. C'est un bouquin que tu gardes à l'intérieur quelques temps après l'avoir fini. Aibileen et son fils unique mort, et l'amour qu'elle porte aux petits qu'elle élève, Skeeter qui se trouve si moche et qui est pourtant si belle, Minny qui crie sur tout le monde mais qui aime quand même etc. Ca fait un peu sentimentalo-gnangnan comme je le dis mais crois moi, Benoit, tu perdras pas tes 23 euros, et en plus le film sort dans quelques jours et même s'il n'est que moyen j'ai envie de retrouver ces personnages.
On retrouve l'ambiance de cette époque, la ségrégation qui semble normale, comme dans ce film que je fais étudier à mes élèves, Mississippi burning : l'obscurantisme des gens du sud, leur fierté, leur racisme ou leur ouverture d'esprit.
Bref, si le film vaut le coup, pourquoi pas le travailler en classe?
En attendant, bande de coquinous, filez l'acheter ! Et vous m'en direz des nouvelles...
Bisous je vais prendre un Spasfon.
09:23 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
26.09.2011
Freedom !
Voici, les gens, ce que je viens de finir, le soir au coin du feu. (ou avec la clim à fond plutôt, vu qu'il fait chaud comme en juillet, y a plus de saison, je vous le dis)

Oui, alors, j'avais lu partout que c'était "la fresque de l'Amérique moderne" et que c'était une totale réussite, alors tu me connais il ne faut pas me faire de promesses, et j'ai voulu vérifier alors je l'ai acheté. Parait même qu'Obama s'en est délecté.
Donc. C'est raconté en partie par Patty, dont la vie s'étale des années 70 aux années 2000. Ca parle de son mariage un tout petit peu raté avec Walter (parce qu'elle kiffait plus le copain de Walter, rockeur coureur et inaccessible), ses relations un tout petit peu ratées avec ses enfants, sa vie un tout petit peu ratée quoi.
Bien sûr à un moment elle va se taper le rockeur, et à un moment le seul homme qu'elle a vraiment aimé (son mari) s'en rend compte et bon, il n'est pas trop content.
Tout ça sur un fond de politique, de dépression nerveuse, d'enfant de démocrate qui devient un loup en affaires et un républicain par dessus le marché, et surtout d'environnementalisme forcené. En effet, le mari, Walter, après quelques années non épanouissantes au niveau professionnel, se lance dans la protection d'oiseaux en voie de disparition et pactise avec le diable pour obtenir quelques appuis : on protège les petits noiseaux mais on exproprie les gens pour se lancer dans les extractions de charbon à ciel ouvert.... Paradoxe perpétuel et apparemment réalité de l'écologie aux Etats Unis : des concessions, pour une maigre avancée verte.
Bon alors? 700 pages. Une vitesse de lecture moyenne qui signifie : j'ai bien aimé mais pas de quoi se relever la nuit (Nanou <3) . Pourquoi? Parce que l'écriture ne m'a pas renversée ni clouée sur mon fauteuil (la faute à la traduction? Les fautes de frappe voire de français -le mot "ridiculeusement" qui m'a sauté à la figure). J'ai trouvé les problèmes écolo assez chiants, peut être parce que personnellement je ne me rends pas malade de penser que le chat de mon voisin croque des piafs peut être en voie de disparition. J'ai davantage apprécié l'histoire du fils qui bosse pour une entreprise en Irak, et qui cherche à récupérer des pièces détachées pour l'armée : n'en trouvant pas de convenables on le somme d'acheter quand même des pièces inutilisables et on le paie de façon indécente pour sa tractation.
J'ai davantage aimé aussi l'analyse des sentiments, les phases dépressives des personnages, jeunes ou moins jeunes, cette mélancolie inexpliquée et le propos sur l'amour, la fidélité, qui reste indémodable et assez bien vu.
Je te dirais donc, si tu veux tu peux le lire, c'est sans aucun doute un bon roman. Si tu me connais un peu tu comprendras que je suis mitigée mais que je ne regrette pas mes 23 euros (beaucoup moins que la somme astronomique dépensée hier pour mes gosses à la fête foraine, en conneries de manèges et autres churros même pas bons), et si tu me connais en chair et en os (c'te chance , que t'as) je veux bien te le prêter comme ça, si t'aimes pas, tu viendras pas me casser les oreilles avec tes récriminations de vieil aigri que presque on dirait que tu bosses dans l'Education nationale.
Du coup, j'ai acheté celui là, dont Daf (dondaf?) avait parlé :

A suivre, mon avis dessus, dont tu ne peux te passer , je le sais !!!
14:24 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
