27.04.2012
C'est bizarre (it's weird)
Comment je suis trop bilingue ! Fais moi penser à te raconter les petites perlounettes des oraux du bac d'anglais. C'était rigolo. (mais vraiment).
Non je voulais dire que je trouve un truc bizarre. Je me suis baladée un petit peu sur les blogs mais sans prendre le temps de commenter (pardon Solange, c'est pourtant ton billet qui m'a donné envie d'écrire celui là.)
Après le vote "contestataire" de la semaine dernière j'ai vu plein de gens s'émotionner du racisme ambiant, et de cet engouement pour la fille de, qui est plus "douce" que papa. Attention je mets les choses au clair de suite, je ne la pare pas de qualités, c'est le même modèle que le vieux à l'intérieur, mais elle est enrobée de trucs qui la rendent plus moelleuse, comme des seins, du rouge à lèvres ou des talons, ce qui fait qu'on ne l'appelle pas LP mais on l'appelle Marine.
Bref.
Ce que je trouve bizarre (weird) (j'adore ce mot et j'aime bien le prononcer, je m'entraine à le dire le mieux possible, weird, weird weird, yes I am BILINGUE.) c'est qu'elle ne me fait pas tellement peur, comme le vieux avant. Non pas que leurs IDEES ne soient pas effrayantes, bien qu'enveloppées de bons sentiments (du travail pour tout le monde notamment) mais je ne peux pas croire qu'un jour ils auront plus de pouvoir que CA. Qu'un jour ils pourraient l'avoir, le pouvoir. Je suis bouleversante de naiveté. (de beauté aussi, j'ai entendu quelqu'un le dire, au fond. C'est vrai mon ami.). Mais je pense que les français ne feraient pas ça. J'en suis même sûre. Pourtant je sais qu'on va me dire que les allemands l'ont bien fait, eux. C'est vrai. Mais à ce moment là, ils n'avaient pas dans leur livre d'histoire, de sordides évènements , d'exterminations massives, d'horreur absolue. Ils étaient en train de l'écrire, l'histoire, sans le savoir. Aujourd'hui je suis quasiment certaine que personne ne prendrait le risque. Enfin j'espère.
Surtout que, je ne sais pas pourquoi mais j'ai toujours été sensible à cette période là. Le grand père de Sol est revenu, "en bonne santé" en 1945.
Le mien a sauté d'un train en partance pour Dachau. Il me l'a raconté quand j'étais ado, et je NE ME SOUVIENS PAS bien. C'est atroce. Mes souvenirs de ses anecdotes sont imprécis, vagues, et me font me demander si je n'ai pas rêvé. Mon père n'en sait trop rien, ne se souvient pas bien. Il était petit, en pension loin, et après la guerre, on n'en parlait sans doute pas trop. Et puis mon père est sourd alors peut être son handicap l'a empêché de trop être informé.
D'autres membres de la famille ne savent pas trop, mais j'avoue que je n'ai pas demandé à beaucoup d'entre eux, ils sont loin, ils vieillissent, bref.
Mais ça me tracasse. Un jour, j'ai fait la connaissance d'une fille, pendant mes études et elle est devenue "ma meilleure amie". Un membre de sa famille, qui ne me connaissait pas encore, me posait des questions sur ma famille, et sur le ton de la plaisanterie, m'a dit "et ton grand père, je parie qu'il a collaboré". J'en suis restée sur le cul. Ca m'a bouleversée parce que je sais qu'il était résistant, mais un résistant relativement "passif". Il n'était pas membre d'un réseau, pas vraiment il me semble et pourtant il a été arrêté et déporté. Je sais que j'ai toujours été très fière de son "évasion" mais aujourd'hui, comme je regrette de ne pas lui avoir posé d'autres questions, pour avoir plus de précisions ! Je croyais que j'avais le temps. Qu'il serait éternel. D'après mes calculs il y avait même de fortes chances qu'il connaisse mes enfants. Mais il est mort la veille de mes résultats du bac. Quelle conne ! Quel optimisme ridicule ! Depuis d'ailleurs, je ne suis guère optimiste. Mais bon.
Et lorsque l'occasion s'est présentée via le lycée, je suis partie une journée à Auschwitz. Je l'ai raconté lorsque j'avais un blog qui se baladait innocemment sur le web, libre et joyeux, avant de mourir décédied de la connerie humaine.
Je ne pourrai pas bien sur vous repondre ce texte mais sachez, toi lecteur, que j'avais eu du mal à l'écrire sans pleurer.
Nous étions partis avec une classe, et la première partie de la visite, celle de Birkenau, ne m'avait pas paru si affreuse. Il faisait jour, et nous marchions au milieu de semi-ruines de dortoirs, et hormis les rails qui amenaient depuis les tours de garde les trains jusqu'aux crématoires, ainsi que l'entrée des crématoires eux mêmes, je n'avais pas été terriblement bouleversée.
Mais dans l'après midi, et jusqu'au soir, nous avons arpenté Auschwitz I, bien plus petit, et célèbre pour son portail surmonté de "Arbeit macht frei". Nous étions accompagnés d'anciens déportés dont Ginette K., la mère d'un membre de Téléphone, déportée vers l'age de 20 ans. Et ses témoignages nous ont fait froid dans le dos. Les élèves, un peu bruts de décoffrage, étaient aux petits soins pour elle, et son naturel et son sourire, sa gaieté même, nous ont tous scotchés. La visite du "musée" avec les cheveux, les valises, les lunettes, toutes ces images célèbres, les vêtements de bébé, ainsi que les cellules de 50 cm sur 50, dans lesquelles il fallait agoniser debout, le anecdotes atroces et pour finir les crématoires ramenés de Birkenau et reconstruits nous ont bien plus ébranlés.
Drôle de journée. Drôle de spectacle, désolé et glacé, en plein mois de février. Drôle de souvenir.
C'est bizarre. Mais je pense que d'aucun cerveau normal ne pourraient aujourd'hui sortir des idées aussi terribles. Pas maintenant, pas après tout ça. Et même si la famille LP est à moitié cinglée, et on connait tous les provocations du vieux borgne, même s'il ne s'agit pas de penser (mais va savoir) à des choses aussi "finales", je n'ai pas vraiment peur de leurs gesticulations. Je crois que les gens sont un petit peu vaccinés contre les extrêmes, et que leurs réaction aux urnes n'est peut être que le signe d'un malaise qui échappe aux gens "sensés".
Mais qui sont les gens sensés? Je sais pas. C'est bizarre.
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21.01.2012
Chouchou
Hier soir j'ai diné au resto, comme à peu près tous les mois et demi avec Marc. C'est un ancien élève, surnommé Chouchou.
C'était bien comme d'habitude.
Alors ça m'a fait penser que depuis que je travaille j'ai fait d'étonnantes rencontres.
En fait, tu te souviens, Damien (tribute to Nanou), qu'autrefois, avant que je ne fusse* plus en mesure de raconter avec force détails et méchancetés, la vie trépidante que je mène dans l'EDUC NAT' (rien qu'en écrivant cette abréviation je sens mes ovaires se contracter à l'idée qu'un de mes nombreux détracteurs ne le tapât* dans Google et ne retombât* -si c'est encore possible- sur un de mes gentils posts et n'essayât* encore de m'envoyer au cachot pour l'éternité et l'éternité c'est long surtout vers la fin a dit le poète.)
Regarde, j'avais dit ça sur les élèves que je rencontre régulièrement : (ouvrez les guillemets)
- Le qui-a-peur-de-tout. Celui là, il a même peur de toi, le prof, c'est dire s'il est à la rue, ou alors c'est un Amish, ou un Mormon, ou encore il vit seul avec son arrière grand père dans un manoir breton.C'est le genre qui fréquente tout type de section, aussi bien en vente qu'en usinage.
Il est généralement seul à sa table et garde les yeux baissés sur sa copie. Quand il te regarde t'as envie d'appeler la Ddass parce qu'il te fait irrésistiblement penser à un chien battu. C'est tout juste si quand ça sonne il sursaute pas.
Je ne te cache pas qu'il n'a pas de portable et par conséquent pas d'amis.
Il est tout à fait capable d'être un bon élève mais comme il a peur de répondre à tes questions, tu ne peux t'en assurer qu'à l'écrit.
- à l'inverse tu peux tomber que le qui-sait-tout. Arrogant, prétentieux et convaincu qu'il en sait plus que toi, et toujours prêt à te déstabiliser.
Parfois il est totalement nul mais de toute façon son but est simplement de dire le contraire de ce que tu dis.
Par exemple, tu donnes un devoir dans lequel il faut raconter une visite de Londres (et tous les monuments sont donnés au cas où ces andouilles te parleraient de la statue de la liberté). Là alors que les autres font fumer leur neurone, il lève la main et te dit "ah, et depuis quand on a visité Londres nous?" (genre tu nous a pas organisé une petite sortie, tu vas pas nous faire chier avec ça, si?)
Tu brûles de l'appeler connard, mais c'est interdit en fait.
- le complice. Celui là, c'est le contraire du précédent. Quand tu fais une vanne, il comprend ( lui t'as envie de lui faire des bisous, mais c'est interdit, aussi). Quand accidentellement en cours d'anglais, tu parles anglais, il comprend et il répond. Quand t'es profondément désespéré de la nullité de ces gosses il te sourit et il compatit (t'as envie de le serrer dans tes bras et qu'il te console mais ça, laisse tomber comment c'est INTERDIT).
- Le vraiment-trop-nul. Alors il faut bien reconnaitre que ce cas de figure là, est très trrrès courant.
Dans toutes les sections, tertiaire, industriel, ce que tu veux, du qui comprend que dalle, on en a à la pelle. (là, ça fait métier du bâtiment non?)
Bon alors lui, dés le 3 septembre, il te prévient. "tfaçon chui nul g jamé ri1 compri à 7 lang mé grav koman sa pu langlé". Enfin il te le dit oralement mais en langage écrit ça donne à peu prés ça.
Et comme le prof est pédagogue il va lui promettre qu'il peut y arriver en travaillant un peu et que le prof va faire de son mieux pour qu'il ne se sente plus en échec scolaire (alors qu'au fond de lui il se dit "putain encore un boulet").
Quand je dis nul c'est nul quoi. Par exemple, conjuguez le verbe être (to be) à la bonne personne en fonction des phrases proposées, ben il te met "nice " ,"the" ou encore "because" (si t'as vraiment de la chance).
Bref, le haut du panier quoi.
- le très-moche. Bon franchement je trouve dégueulasse que vous attendiez que je vous dise des horreurs là dessus.
- la FILLE. La pauvre déjà elle porte le lourd handicap d'être une nana, et en plus en LP.
En général la fille est un peu nouille. Elle se vêt et se maquille à peu prés comme Amidala dans Star Wars (mais elle ressemble pas du tout mais PAS DU TOUT à Natalie Portman)
Elle pousse des gloussements étranges évoquant tout à fait la parade des paons, et si tu y regardes à deux fois justement, tu verras qu'il y a , pas bien loin d'elle, une parade en cours. La paonne couine, trébuche, se rattrappe à sa co-paonne (sans déconner celle là je la trouve bonne mais enfin tu me donneras ton avis) en lui disant "mais vas-y grosse p**** aide moi con****". Et une fois relevée elle sort son arme redoutable : miroir et maquillage et nous voilà parés pour le carnaval.
Le pire c'est que parfois LA FILLE est en secrétariat ou comptabilité.
Bon ben là, c'est double handicap, je veux dire (I mean).
Parce qu'elle glousse TOUT en se faisant les ongles. Ou se recourbe les cils. Ou tire un peu sur son string qui lui rabote les fesses.
Ce que je voulais dire en fait c'est que je suis pas sure que les FILLES soient l'élément de finesse dans un LP.
Certains mécaniciens sont de loin plus romantiques...
- Et pour finir, justement, par une touche de douceur (encore que) : le dragueur.
Alors çui là, tu le rencontres dans tout type de section aussi, et tout type d'âge.Le jour de la rentrée, il te voit et il s'asseoit DEVANT (il le refera plus jamais).
Il te regarde avec adoration et n'hésite pas à te filer son numéro de téléphone, quitte à le faire transiter par tous les autres afin qu'il arrive jusqu'à ton bureau où tu te retranches prudemment au cas où il deviendrait trop pressant.
Tu lui souris poliment, et s'il est vraiment trop lourd tu lui balances une vanne dont on parlera encore quand tu seras à la retraite. Ce dragueur du samedi soir parfois se lève sous prétexte de jeter un papier à la poubelle et traverse toute la classe en bombant le torse et en te regardant en coin (sans déconner on se croirait au Macumba Night).
Parfois le dragueur est plus discret, mais à son sourire tu comprends bien que voilà, quoi.
Si le dragueur est vraiment très joli, tu te souviens aussi que c'est INTERDIT A MORT.
Même si, comme pour moi , notre écart d'age n'est que de 2 ou 3 ans.......
(Fermez les guillemets)
Donc je te disais, chaque année amène son lot de gens décrits ci dessus.
Je fais de nouvelles connaissances CHAQUE RENTREE. Non pas de personnels enseignant ou administratif, ne présentant que rarement un quelconque intérêt, mais de JEUNES. En arrivant ils sont chiants comme la pluie, il faut une bonne année scolaire pour les dresser, et les habituer à une certaines méthode de travail et surtout à mon humour mais en règle générale la deuxième année on se connait et desfois on s'AIME. C'est vrai, je rigole pas du tout.
Un collègue m'avait dit quand j'ai commencé que le secret pour tenir c'était de les aimer. Il avait tout à fait raison. Je les aime, ces jeunes. Globalement ils sont pas si mal élevés, ils sont bouleversants de nullité en culture générale, mais ils sont attendrissants et gentils. Drôles aussi parfois.
Heureusement qu'ils sont là d'ailleurs parce que ce service public est à gerber de connerie et de débilité profondes.
Tout ça pour dire que je pense avoir un tempérament plutôt gentil malgré mon cynisme naturel et que je fais souvent plus pour eux que nécessaire, depuis l'organisation de voyages scolaires (qui bientôt relèveront de la légende -"AH BON??? CA EXISTAIT CA?", surtout que l'administration fait TOUT pour te dégoûter) à du temps passé en plus pour finir de les préparer au bac, et puis quand ils ont eu le bac, grâce à facebook notamment, on est toujours en contact, et je continue à les aider : fac, BTS, apéros etc...
C'est Marc qui a donné le top départ de certaines amitiés nouées post lycée. C'est aussi le SEUL et l'UNIQUE qui est un véritable ami même s'il est jeune et moi, moins. (pas beaucoup moins. Pas trop plus agée. Pas plus ou moins, ni trop peu ni pas assez.)
D'ailleurs je n'écrirai RIEN sur l'amitié homme femme.. Je vous laisse faire. (hihi)
Et maintenant quelques anciens élèves continuent à me donner des nouvelles, et je suis bien contente.
Une question te brûle les lèvres (ouch)? Tu veux savoir COMMENT s'opère la "sélection"? Comme tu es prévisible, mon pauvre.
ET bien souvent le futur ex-élève est bon en anglais, voire brillant. (Marc a eu 20 à l'oral.) (grâce à qui?)
Il est parfois aussi drôle. Quand il est les deux, (c'est BINGO. Je prends pour exemple un gamin que j'ai depuis deux ans, que nous appelerio Jean Luc pour ne pas dire qu'il s'appelle Malik. Malik est insupportable. Il se fait virer tous les deux mois, il est merdeux, cherche à faire disjoncter les profs enfin bref, le casse-c**** de base. Mais il est brillant. Il est à hurler de rire. L'autre jour j'ai pleuré quand il s'est lancé dans une histoire inventée de prof d'espagnol qui serait originaire d'un village du fin fond de l'Espagne (avec nom bidon à l'appui) qui verrait ses habitants dotés du pouvoir d'enlever le mal de reins... Tout ça pour excuser un élève en retard et retenu par ladite prof, et qui souffrirait des reins. Bon, bref, c'est vrai qu'il fallait y être pour rigoler.
Parfois il est nul en anglais mais il est drôle. Ou très gentil. Ou il aime la même musique que moi.
Ou alors il est suffisamment séducteur pour me mettre dans sa poche en mélangeant habilement drague discrète, humour, bons résultats, participation à l'oral (ça va HEIN), tenage de porte, voire essuyage de tableau (SANS subir les quolibets des autres car il est généralement respecté).
Bon tu vois le tableau? (j'ai pas dit tu vois au tableau, on est d'accord, ça me poursuit pas jusque là).
Ce roman d'une langueur monotone pour te dire que ça s'appelle des CHOUCHOUS.
Je voulais donc confirmer que les profs c'est tous des salauds de fonctionnaires qui font rien qu'à être en vacances et à avoir des CHOUCHOUS.
Mais jusqu'à présent y en a qu'un qui a vraiment l'appellation d'origine contrôlée, parce qu'il est juste un ami PARFAIT. (si ça c'est pas de l'hommage appuyé !!)
Bientôt, les enfants, un travail élaboré sur la gent chevaline. (ça se dit??)
* je vérifie pas, j'te fais ça à l'arrache.**
**On me dit dans l'oreillette, que si, en fait valait mieux vérifier car je m'étais lamentablement vautrée previously (in Grey's Anatomy)
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05.01.2012
Ca va faire 3 semaines
Et j'ai envie de crever ton chat.
De lancer des chaises aux zélèves.
De les insulter (que Dieu, ou quiconque ayant autorité, me pardonne); je le fais, et pas plus tard que today : Tony, j'ai dit à Tony, achète toi des neurones. A Nathan j'ai failli lancer une chaise, à Thibaut j'ai dit qu'il était temps de se les sortir, enfin tu vois le genre.
De vendre mes enfants.
De mettre ma tête dans le four.
De fumer les mégots tout pourris dans le ptit cendrier qui traine encore dehors.
T'as compris.
Ca fait trois semaines dans bientôt que je fume plus.
ET PAR DESSUS LE MARCHE va falloir que je fasse un régime vu que les kilos installés sont couasi proportionnels aux clopes pas fumées.
Alors me faites pas chier avec vos voeux, j'ai rien à vous dire de plus de toute façon.
Bientôt dans le désordre et quand je serai calmée, je vous écrirai des billets rayonnants d'intelligence sur Stephen King, les chevaux, mon inaptitude consternante au bonheur et les labos pharmaceutiques et aussi la Floride (y a un lien, tu verras).
Je t'aime quand même tu sais.
19:14 Publié dans en vrac | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
