21.01.2012
Chouchou
Hier soir j'ai diné au resto, comme à peu près tous les mois et demi avec Marc. C'est un ancien élève, surnommé Chouchou.
C'était bien comme d'habitude.
Alors ça m'a fait penser que depuis que je travaille j'ai fait d'étonnantes rencontres.
En fait, tu te souviens, Damien (tribute to Nanou), qu'autrefois, avant que je ne fusse* plus en mesure de raconter avec force détails et méchancetés, la vie trépidante que je mène dans l'EDUC NAT' (rien qu'en écrivant cette abréviation je sens mes ovaires se contracter à l'idée qu'un de mes nombreux détracteurs ne le tapât* dans Google et ne retombât* -si c'est encore possible- sur un de mes gentils posts et n'essayât* encore de m'envoyer au cachot pour l'éternité et l'éternité c'est long surtout vers la fin a dit le poète.)
Regarde, j'avais dit ça sur les élèves que je rencontre régulièrement : (ouvrez les guillemets)
- Le qui-a-peur-de-tout. Celui là, il a même peur de toi, le prof, c'est dire s'il est à la rue, ou alors c'est un Amish, ou un Mormon, ou encore il vit seul avec son arrière grand père dans un manoir breton.C'est le genre qui fréquente tout type de section, aussi bien en vente qu'en usinage.
Il est généralement seul à sa table et garde les yeux baissés sur sa copie. Quand il te regarde t'as envie d'appeler la Ddass parce qu'il te fait irrésistiblement penser à un chien battu. C'est tout juste si quand ça sonne il sursaute pas.
Je ne te cache pas qu'il n'a pas de portable et par conséquent pas d'amis.
Il est tout à fait capable d'être un bon élève mais comme il a peur de répondre à tes questions, tu ne peux t'en assurer qu'à l'écrit.
- à l'inverse tu peux tomber que le qui-sait-tout. Arrogant, prétentieux et convaincu qu'il en sait plus que toi, et toujours prêt à te déstabiliser.
Parfois il est totalement nul mais de toute façon son but est simplement de dire le contraire de ce que tu dis.
Par exemple, tu donnes un devoir dans lequel il faut raconter une visite de Londres (et tous les monuments sont donnés au cas où ces andouilles te parleraient de la statue de la liberté). Là alors que les autres font fumer leur neurone, il lève la main et te dit "ah, et depuis quand on a visité Londres nous?" (genre tu nous a pas organisé une petite sortie, tu vas pas nous faire chier avec ça, si?)
Tu brûles de l'appeler connard, mais c'est interdit en fait.
- le complice. Celui là, c'est le contraire du précédent. Quand tu fais une vanne, il comprend ( lui t'as envie de lui faire des bisous, mais c'est interdit, aussi). Quand accidentellement en cours d'anglais, tu parles anglais, il comprend et il répond. Quand t'es profondément désespéré de la nullité de ces gosses il te sourit et il compatit (t'as envie de le serrer dans tes bras et qu'il te console mais ça, laisse tomber comment c'est INTERDIT).
- Le vraiment-trop-nul. Alors il faut bien reconnaitre que ce cas de figure là, est très trrrès courant.
Dans toutes les sections, tertiaire, industriel, ce que tu veux, du qui comprend que dalle, on en a à la pelle. (là, ça fait métier du bâtiment non?)
Bon alors lui, dés le 3 septembre, il te prévient. "tfaçon chui nul g jamé ri1 compri à 7 lang mé grav koman sa pu langlé". Enfin il te le dit oralement mais en langage écrit ça donne à peu prés ça.
Et comme le prof est pédagogue il va lui promettre qu'il peut y arriver en travaillant un peu et que le prof va faire de son mieux pour qu'il ne se sente plus en échec scolaire (alors qu'au fond de lui il se dit "putain encore un boulet").
Quand je dis nul c'est nul quoi. Par exemple, conjuguez le verbe être (to be) à la bonne personne en fonction des phrases proposées, ben il te met "nice " ,"the" ou encore "because" (si t'as vraiment de la chance).
Bref, le haut du panier quoi.
- le très-moche. Bon franchement je trouve dégueulasse que vous attendiez que je vous dise des horreurs là dessus.
- la FILLE. La pauvre déjà elle porte le lourd handicap d'être une nana, et en plus en LP.
En général la fille est un peu nouille. Elle se vêt et se maquille à peu prés comme Amidala dans Star Wars (mais elle ressemble pas du tout mais PAS DU TOUT à Natalie Portman)
Elle pousse des gloussements étranges évoquant tout à fait la parade des paons, et si tu y regardes à deux fois justement, tu verras qu'il y a , pas bien loin d'elle, une parade en cours. La paonne couine, trébuche, se rattrappe à sa co-paonne (sans déconner celle là je la trouve bonne mais enfin tu me donneras ton avis) en lui disant "mais vas-y grosse p**** aide moi con****". Et une fois relevée elle sort son arme redoutable : miroir et maquillage et nous voilà parés pour le carnaval.
Le pire c'est que parfois LA FILLE est en secrétariat ou comptabilité.
Bon ben là, c'est double handicap, je veux dire (I mean).
Parce qu'elle glousse TOUT en se faisant les ongles. Ou se recourbe les cils. Ou tire un peu sur son string qui lui rabote les fesses.
Ce que je voulais dire en fait c'est que je suis pas sure que les FILLES soient l'élément de finesse dans un LP.
Certains mécaniciens sont de loin plus romantiques...
- Et pour finir, justement, par une touche de douceur (encore que) : le dragueur.
Alors çui là, tu le rencontres dans tout type de section aussi, et tout type d'âge.Le jour de la rentrée, il te voit et il s'asseoit DEVANT (il le refera plus jamais).
Il te regarde avec adoration et n'hésite pas à te filer son numéro de téléphone, quitte à le faire transiter par tous les autres afin qu'il arrive jusqu'à ton bureau où tu te retranches prudemment au cas où il deviendrait trop pressant.
Tu lui souris poliment, et s'il est vraiment trop lourd tu lui balances une vanne dont on parlera encore quand tu seras à la retraite. Ce dragueur du samedi soir parfois se lève sous prétexte de jeter un papier à la poubelle et traverse toute la classe en bombant le torse et en te regardant en coin (sans déconner on se croirait au Macumba Night).
Parfois le dragueur est plus discret, mais à son sourire tu comprends bien que voilà, quoi.
Si le dragueur est vraiment très joli, tu te souviens aussi que c'est INTERDIT A MORT.
Même si, comme pour moi , notre écart d'age n'est que de 2 ou 3 ans.......
(Fermez les guillemets)
Donc je te disais, chaque année amène son lot de gens décrits ci dessus.
Je fais de nouvelles connaissances CHAQUE RENTREE. Non pas de personnels enseignant ou administratif, ne présentant que rarement un quelconque intérêt, mais de JEUNES. En arrivant ils sont chiants comme la pluie, il faut une bonne année scolaire pour les dresser, et les habituer à une certaines méthode de travail et surtout à mon humour mais en règle générale la deuxième année on se connait et desfois on s'AIME. C'est vrai, je rigole pas du tout.
Un collègue m'avait dit quand j'ai commencé que le secret pour tenir c'était de les aimer. Il avait tout à fait raison. Je les aime, ces jeunes. Globalement ils sont pas si mal élevés, ils sont bouleversants de nullité en culture générale, mais ils sont attendrissants et gentils. Drôles aussi parfois.
Heureusement qu'ils sont là d'ailleurs parce que ce service public est à gerber de connerie et de débilité profondes.
Tout ça pour dire que je pense avoir un tempérament plutôt gentil malgré mon cynisme naturel et que je fais souvent plus pour eux que nécessaire, depuis l'organisation de voyages scolaires (qui bientôt relèveront de la légende -"AH BON??? CA EXISTAIT CA?", surtout que l'administration fait TOUT pour te dégoûter) à du temps passé en plus pour finir de les préparer au bac, et puis quand ils ont eu le bac, grâce à facebook notamment, on est toujours en contact, et je continue à les aider : fac, BTS, apéros etc...
C'est Marc qui a donné le top départ de certaines amitiés nouées post lycée. C'est aussi le SEUL et l'UNIQUE qui est un véritable ami même s'il est jeune et moi, moins. (pas beaucoup moins. Pas trop plus agée. Pas plus ou moins, ni trop peu ni pas assez.)
D'ailleurs je n'écrirai RIEN sur l'amitié homme femme.. Je vous laisse faire. (hihi)
Et maintenant quelques anciens élèves continuent à me donner des nouvelles, et je suis bien contente.
Une question te brûle les lèvres (ouch)? Tu veux savoir COMMENT s'opère la "sélection"? Comme tu es prévisible, mon pauvre.
ET bien souvent le futur ex-élève est bon en anglais, voire brillant. (Marc a eu 20 à l'oral.) (grâce à qui?)
Il est parfois aussi drôle. Quand il est les deux, (c'est BINGO. Je prends pour exemple un gamin que j'ai depuis deux ans, que nous appelerio Jean Luc pour ne pas dire qu'il s'appelle Malik. Malik est insupportable. Il se fait virer tous les deux mois, il est merdeux, cherche à faire disjoncter les profs enfin bref, le casse-c**** de base. Mais il est brillant. Il est à hurler de rire. L'autre jour j'ai pleuré quand il s'est lancé dans une histoire inventée de prof d'espagnol qui serait originaire d'un village du fin fond de l'Espagne (avec nom bidon à l'appui) qui verrait ses habitants dotés du pouvoir d'enlever le mal de reins... Tout ça pour excuser un élève en retard et retenu par ladite prof, et qui souffrirait des reins. Bon, bref, c'est vrai qu'il fallait y être pour rigoler.
Parfois il est nul en anglais mais il est drôle. Ou très gentil. Ou il aime la même musique que moi.
Ou alors il est suffisamment séducteur pour me mettre dans sa poche en mélangeant habilement drague discrète, humour, bons résultats, participation à l'oral (ça va HEIN), tenage de porte, voire essuyage de tableau (SANS subir les quolibets des autres car il est généralement respecté).
Bon tu vois le tableau? (j'ai pas dit tu vois au tableau, on est d'accord, ça me poursuit pas jusque là).
Ce roman d'une langueur monotone pour te dire que ça s'appelle des CHOUCHOUS.
Je voulais donc confirmer que les profs c'est tous des salauds de fonctionnaires qui font rien qu'à être en vacances et à avoir des CHOUCHOUS.
Mais jusqu'à présent y en a qu'un qui a vraiment l'appellation d'origine contrôlée, parce qu'il est juste un ami PARFAIT. (si ça c'est pas de l'hommage appuyé !!)
Bientôt, les enfants, un travail élaboré sur la gent chevaline. (ça se dit??)
* je vérifie pas, j'te fais ça à l'arrache.**
**On me dit dans l'oreillette, que si, en fait valait mieux vérifier car je m'étais lamentablement vautrée previously (in Grey's Anatomy)
16:50 Publié dans en vrac | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
18.01.2012
Stevie maniac
Oh la la les gens, ça fait longtemps qu'on avait pas parlé bouquins.
Bon je suis désolée j'ai pas de scoop littéraire sous le coude (mais je vais lire bientôt un Paul Auster et je vous démontrerai brillamment que les études peuvent vous dégouter de la littérature).
Non, pas de scoop, que du réchauffé, relu etc... En fait j'ai passé toutes les vacances de Noel à relire ou à lire des Stephen King. Malgré l'intelligence qui me caractérise, (tu avoueras) (sous la torture peut être mais tu avoueras), il se trouve que j'oublie systématiquement les fins des bouquins. Par exemple, je peux relire tous les Agatha Christie dont je me régalais ado, je ne serai pas obligée de jeter le livre à la moitié, me souvenant brusquement que c'était l'amant de l'actrice qui n'avait PAS tué son époux, mais le boulanger ou un obscur voisin au mobile étonnant. Sauf bien sûr pour les plus connus comme 10 petits nègres ou le crime de l'Orient Express ou le meurtre de Roger Ackroyd dont les dénouements sont inoubliables. Je m'inquiète un peu, dois je passer un scanner?
Donc ces vacances, en fouinant dans le garage j'ai retrouvé "It" puis j'ai fouiné plus fort pour n'en retrouver que très peu alors je les ai rachetés. Shining. Charlie.Désolation. La peau sur les os. Puis, jamais lus avant : Sac d'os. Danse macabre. Minuit 2 (je suis pas fan de nouvelles, alors je les avais zappés). Ce matin, Carrie ( et le Auster pour faire bien) (mais on va en reparler). Puis je me suis dit "Josy, et si tu t'intéressais un peu au bonhomme King? Voir un peu? " alors j'ai acheté "Stephen King de A à Z (un peu nul) et Ecriture, mémoire d'un métier, dudit King.
Ouais, parce qu'en fait je me dis souvent, et ma psy aussi : tu devrais arrêter de te flageller pour tout ce que tu fais. ( et si tu savais tout ce que je fais ! mon DIEU !). J'ai un peu tendance à me dire, à ce sujet là : c'est bien de lire ça? Ou alors est ce que la littérature d'épouvante est une littérature mineure? Est ce qu'il existe des écrivains au rabais (une fois qu'on a exclus de la discussion Lévy Musso et autre Gavalda) ? Ou plutôt des genres risibles?
Bon alors, lire "Ecriture" m'a totalement libérée. J'ai jeté ma culotte par dessus ma tête et en avant Guingamp.
J'aime bien quand Stevie dit (approximativement) : "les enfants ont peur des monstres sous leur lit. Je suis un adulte et je sais qu'ils n'existent pas. Cela dit, je prends garde à ne pas laisser mes jambes dépasser au cas où ils les attraperaient."
Je crois que rationnellement on a tous peur des monstres. Enfin tous. Moi c'est sûr. On n'a pas concrètement peur du fantôme ou de l'araignée géante (mon Dieu) (MON DIEU !!!) mais on a tous peur de ce qu'on croit être sûr de ne pas être possible. On ne peut pas s'empêcher de lire avidement les faits divers "trop bizarres" de possession, maison hantée, trucs pas croyables de phénomènes inexpliqués. On rit parce qu'on est sûr que ça n'existe pas et on se dit quand même par devers soi "enfin on sait jamais, René", surtout si on a un ami qui s'appelle René ( ça serait pas de chance mais bon).
Du coup on se complait à lire de la littérature épouvantesque, attiré qu'on est par l'étrange, l'irrationnel, comme on ralentit inconsciemment au spectacle d'un accident en jetant un oeil à la fois épouvanté et morbide pour voir s'il y a du sang...
Et puis on réfléchit à la création littéraire de ce genre là. Est il moins bien de lire ça que Hemingway? King mérite -t-il l'ironie et les sarcasmes des critiques car il n'écrit que ou presque ce genre là? Est il moins bon?
Il explique dans Ecriture qu'il a assisté à des cours d'écriture et en a dispensé il me semble. Et il donne quelques uns de ses trucs.. Et bien j'ai trouvé ça passionnant, les extraits d'une nouvelle, le premier jet puis la correction où l'on voit mis en oeuvre ses tics ou préférences.. Virer les adverbes, mettre l'accent sur les dialogues, ne pas détailler à outrance les descriptions physiques etc...
J'ai réalisé que c'était vraiment un GRAND écrivain. Après avoir lu ses réflexions sur la création bien sûr, mais aussi après avoir réalisé que j'aime ses romans inconditionnellement parce que je ne m'y emmerde quasiment jamais : peu d'épuisantes descriptions, des personnages creusés mais pas trop, des sentiments mais pas à outrance, pas de mièvrerie, il manque à mon goût peut être une pointe d'humour...
A l'inverse de mon héros Djian qui prétend que seul compte le style, je dis que l'histoire c'est tout. Une bonne histoire, emballée par une écriture intelligente, et c'est gagné. Enfin je crois. C'est bien pour ça que je n'arriverai sans doute jamais à écrire quoi que ce soit. Je ne sais pas inventer, je trouve que raconter la réalité prend déjà pas mal de temps. Je rappelle d'ailleurs à Chou que j'aimerais qu'elle m'explique ce qu'elle voulait dire dans son commentaire de "Chapitre 1". Je sens que ça ne va pas.. Mais pourquoi??
Bref. L'avantage avec King, c'est que quand je serai sûre d'avoir TOUT lu, je ne me rappellerai plus les premiers... (je suis vachement économique comme fille)( bon, pas au niveau chaussures, mais il faut bien que j'aie un défaut). Et là... J'ai encore Carrie, le Fléau, La peau sur les os... Et Auster (s ***** de prof de fac qui m'a écoeurée de ce gars là ! je l'ai pris tout doucement, de crainte qu'il ne me pète à la gueule, et j'ai bien senti qu'il me picotait un peu les doigts...)
Et toi? Tu penses quoi? Tu dis rien !
16:22 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
11.01.2012
Le MAL
C'est les laboratoires pharmaceutiques.
Bon d'abord je te préviens, Fifrelin, que je suis de TRES mauvaise humeur. D'une parce que ce sujet me hérisse le poil (que j'ai fort rare, mais pas tellement quand j'attends l'esthéticienne mais sinon quand je l'attends pas, oui, enfin bon), de deux parce que non contente d'avoir arrêté de fumer (et de continuer, surtout, chose que je n'avais que rarement réussie auparavant) j'ai pris du poids et je suis au REGIME, chose, par contre, que je n'avais jamais expérimentée de MA VIE. Car jusque là j'étais parfaite, ou en tout cas je le laissais habilement croire. Et ON le croyait jusqu'à ce qu'ON me voie à poil et ON s'étonnait par devers soi. Et le régime aussi, c'est le MAL.
Donc, les labos.
C'est ces gens vénaux qui font du pognon sur le dos des petits africains qui meurent de faim / des porteurs du VIH qu'ils laissent crever en rigolant et en se resservant une louche de tri thérapie / des grosses qui font pas de régime (HAHAHA) et qui préfèrent bouffer des cachetons médiatoriques plutot que de chausser les baskets et d'arrêter Sophie Davant à 14h en bouffant du chocolat / de toi et de moi qui allons bêtement voir le docteur quand on est malade (oui) (on n'y va pas quand on n'est pas malade).
AH SI !!!! On y va, parfois, quand on est en bonne santé. Si, par malheur et par inadvertance, on travaille pour les labos qui se font tant de pognon.
Ce ON, je le connais, je suis la mère de ses enfants. ON a longtemps travaillé dans les épiceries qui vendent des médicaments, parce qu'on séchait les cours et qu'on a été envoyé en apprentissage, avant d'être licencié et de se reconvertir à 30 ans dans la visite médicale. Ce job qui consiste à être le dernier maillon de la chaine du labo, et qui emmerde les vieux qui sont parfois obligés d'attendre 5 minutes de plus avant de repartir de chez le doc avec une ordonnance longue comme le bras pour se caler devant Derrick, tout ça pour un con qui travaille et lui pique sa place (enfin la place qu'il croit être la sienne puisque le VM -visiteur médical- a soit rendez vous, soit il attend son tour, comme un patient, et parfois se voit même imposé d'attendre que le doc soit décidé, en particulier dans le cas de la vieille chieuse qui devrait pourtant passer APRES.)
Donc, ON présente un ou plusieurs médicaments de son labo, avec études (non impartiales, si j'ai bien compris), on répond aux questions, on dit que le labo concurrent a de moins bons résultats, bref on "vend" virtuellement son produit.
Quand on sort de là, le doc n'a pas signé quoi que ce soit.. Il peut dire, oui, ok ça me parait bien, et ne jamais prescrire. Il a son total libre arbitre. Certains médecins prescrivent depuis mille ans le même vieux truc tout pourri parce qu'ils sont assez opposés aux changements; d'autres sont prêts à tester de nouveaux médicaments pour aider leurs patients. Le médecin fait ce qu'il veut.
Alors comment on sait si le VM a bien bossé? Parce que le labo étudie les chiffres fournis par les pharmacies sur les sorties de boîtes. Ainsi on voit si telle ou telle région progresse et on prime le VM ou les VM du secteur.
Il y a 20 ans, avant de faire ce boulot je me souviens que mon jules disait que ça rapportait beaucoup. Enormément même. Aujourd'hui ce n'est plus le cas. Les médecins ne sont PLUS rémunérés en nature comme c'était le cas avant : plus de voyages au bout du monde, plus de cadeaux onéreux. Il reste encore les RP : relations professionnelles, qui sont des repas organisés par les labos, om les médecins sont invités (à baffrer, souvent) et parfois des week-ends. Les nouvelles procédures sont strictes : pas de conjoint, (encore moins de maitresse ! hahaha). Il faut voir comme certains sont cons.... Il arrive que des docs demandent à ce que le VM qui organise vienne aussi le chercher... Pour pas qu'il mette d'essence dans son auto.
Bref. Le labo, c'est un magasin qui vend des produits. Il faut qu'il les "vende" parce que ce monstre cupide paie des abrutis qui font des études longues et compliquées pour trouver des molécules qui vont soigner ton rhume, ton arthrite (j'espère que personne n'a de l'arthrite parmi mes lecteurs sinon faut que je revoie les thèmes de mes billets)!
Il faut qu'il les vende parce que sans ça, qui pourrait profiter plus de 5 ans de son cancer? (copyright Desproges), qui pourrait même en sortir, en guérir et profiter plus longtemps de son épousé (e), ses enfants, petits enfants?
Il faut AUSSI qu'il les vende parce que tout le monde veut se faire du pognon, et que c'est la loi de la vie, qu'on n'y fera pas grand chose. On a besoin de fruits et légumes et je connais pas de maraicher qui me fait des cadeaux (et si tu savais !! SI TU SAVAIS tous les p****** de légumes que je m'envoie pour ce p****** de régime ! Bref).
L'affaire du Mediator a donné lieu à d'innombrables sujets télé sur le mercantilisme cynique des labos. Moi je sais pas, je dis ce que je vois... Plein de choses m'échappent, les liens entre les professeurs haut placés et les labos, tout ça. Je parle de ce que je connais. Pas grand chose donc. Mais après ça, j'ai entendu des horreurs. Bachelot voulait purement supprimer la profession de visiteur médical. Quelqu'un a dit qu'il fallait les "noyer" (authentique). Bref. Le dernier maillon, celui que l'on forme à réciter une leçon et que l'on paie pour ça... Il faut qu'il paie pour de bon.
Qu'on se rassure : les labos gagnent toujours autant de blé. Celui de mon épousé à doublé ses bénéfices, racheté un concurrent afin de passer second mondial, et viré 600 VM. (et 2 ou 3000 employés en tout).
Dont le mien, de VM. Enfin, on ne l'a pas viré. On lui a proposé, à coups de milliers d'euros de partir tout seul, avec un congé de reclassement, un salaire garanti pendant la durée de ce congé, soit, jusqu'à la fin de la formation qu'il envisage. A 43 ans, se retrouver avec un gros chèque, à la maison, à briquer le four pendant que madame travaille... C'est pas cool. Sauf quand on me dit, mais il a vachement de chance, d'avoir du temps pour lui, et un peu de pognon mis de côté ! (lol)
Le labo a fait fuir tout le monde... Ce plan social lui a couté une fortune : tout le monde est parti : le nombre de licenciements prévu a été remplacé par un nombre équivalent de départs volontaires... Les VM ont eu peur : on les a accusés de tuer des gens, de prendre de l'argent pour ça, alors ils sont partis : certains vont devenir plombiers, restaurateurs, ou je ne sais quoi... Le mien va rester dans le secteur et refaire une formation dans le même domaine. Mais le labo devra peut être rappeler des gens qui sont partis tout seuls (et c'est là qu'on peut se poser des questions sur la gestion de l'affaire !!)
Alors, pour fêter ça et en levant bien haut un doigt rageur à tous ceux qui pensent qu'il a gagné de l'argent au détriment de la santé du français moyen, et à tous ceux qui se disent "hum, il est au chômage mais il dépense son fric à tort et à travers, ", on s'en va cet été en Floride pendant plus de 15 jours. Ces 15 jours on les a pas volés, on les a gagnés.
C'est là. Regarde.
On l'emportera pas dans la tombe ce fric, si? Et imagine : si on tombe brusquement malade? Qu'il n'y a plus ces voyous de labos pour trouver des médicaments qui guérissent? On va peut être regretter de ne pas en avoir profité non?
Pensez à moi, les lapins quand vous avalez votre Doliprane, votre antibio pour l'angine, ou quelque médicament pour une pathologie moins rigolote... Pour ça, y a un con qui bosse (ou qui bossait) pour un gros labo, et qui fait ça pour nourrir sa famille, pas pour empoisonner les gens.
Je te l'avais dit que je suis PAS CONTENTE ! Comme Mercedes et Jeanine !
15:32 Publié dans PAS CONTENTE | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
05.01.2012
Ca va faire 3 semaines
Et j'ai envie de crever ton chat.
De lancer des chaises aux zélèves.
De les insulter (que Dieu, ou quiconque ayant autorité, me pardonne); je le fais, et pas plus tard que today : Tony, j'ai dit à Tony, achète toi des neurones. A Nathan j'ai failli lancer une chaise, à Thibaut j'ai dit qu'il était temps de se les sortir, enfin tu vois le genre.
De vendre mes enfants.
De mettre ma tête dans le four.
De fumer les mégots tout pourris dans le ptit cendrier qui traine encore dehors.
T'as compris.
Ca fait trois semaines dans bientôt que je fume plus.
ET PAR DESSUS LE MARCHE va falloir que je fasse un régime vu que les kilos installés sont couasi proportionnels aux clopes pas fumées.
Alors me faites pas chier avec vos voeux, j'ai rien à vous dire de plus de toute façon.
Bientôt dans le désordre et quand je serai calmée, je vous écrirai des billets rayonnants d'intelligence sur Stephen King, les chevaux, mon inaptitude consternante au bonheur et les labos pharmaceutiques et aussi la Floride (y a un lien, tu verras).
Je t'aime quand même tu sais.
19:14 Publié dans en vrac | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
