07.12.2011

Chapitre 1 : Le concours

Mes poussins.

Je ne peux pas m'en empêcher, cette histoire de boulot revient toujours sur le tapis. J'ai tellement dégusté en juin dernier que je m'étais promis de ne plus parler de ça. Mais curieusement, c'est comme les mauvaises herbes, ça revient. Alors, j'avais écrit il y a quelques mois un premier chapitre à un roman virtuel... Dont je ne dévoilerai le titre que quand vous me verrez chez Ruquier. (hum).

Je ne sais pas si j'aurai le courage d'écrire les 20 chapitres suivants. Toujours est il que je vous fais cadeau (quelle mansuétude, Gertrude) du premier. Vos critiques sont les bienvenues...

Quand j’avais 13 ans et que j’étais une petite fille sacrément jolie et intelligente (disaient mes parents) (mais ce sont mes parents) , la prof de français de ma classe de 24 élèves gentils, sérieux et obéissants, a demandé à remplir une fiche de renseignements.

Elle voulait savoir ce que nous avions envie de faire plus tard. Hahaha, ai-je rigolé à part moi, car ma voie était toute tracée, j’allais devenir Kate Moss, et c’était bien parti, j’avais déjà plus de poitrine qu’elle. Mais au lieu de ça mon stylo plume Watermann a ripé et j’ai écrit « professeur de français », sans aucune faute d’orthographe, ce qui laissait présager la  réussite dans cette voie, pensai-je alors,  après avoir admis que je n’avais pas la Kate Mossitude requise pour fouler les podiums, ou alors, était ce parce que je portais un fort peu seyant appareil dentaire et / ou qu’un acné prépubère masquait mes traits délicats et mon front marmoréen (surtout mon front, si je me souviens bien).

Alors, quand j’ai eu le bac et 18 ans, j’ai dit à mes parents, salut les vieux, je pars étudier à la fac, là où labeur et sérieux sont la règle. J’ai quitté ma province pour un autre bout de province plus grand où j’ai longuement glandé en fac d’anglais, et ce pour devenir professeur d’anglais, donc….J’avais changé de voix mais pas de vocation. Puis un jour il a fallu passer « le concours » .  Les étudiants futurs profs disent ce mot là avec un respect mêlé d’angoisse. LECONCOURS .  Cet examen suprême qui valide ou non nos compétences non pas en matière de pédagogie (le gros mot !) mais une théorie vaguement prétentieuse voire pédante, nous obligeant à connaitre parfaitement Shakespeare dans le texte, et nombre d’auteurs anglophones dont peu d’entre nous se sont remis, préférant aujourd’hui lire Marc Lévy ou Guillaume Musso, pour ne citer que le fleuron de notre littérature française subtile et reposante.

LECONCOURS est drôlement difficile. Surtout quand on vit dans la plus belle ville étudiante du monde où fleurissent bars proposant le pastis ô mètre, et troisièmes mi-temps fort virulentes. N’empêche. Il est drôlement difficile, il faut connaitre parfaitement l’histoire anglaise, américaine, mais pas globalement, non. Par exemple il faut savoir précisément ce qui s’est passé dans les banlieues anglaises entre 1983 et 1985 et surtout ne pas citer un truc qui aurait eu l’audace de se produire un an plus tard. Ou alors, il fallait savoir exactement pourquoi Paul Auster s’échinait à « déconstruire le réel » pour mieux le reconstruire (le salaud) dans Moon Palace. Bref, pour avoir LECONCOURS il fallait être hyper  savant.  Alors comme je n’étais pas hyper savante j’ai laissé tomber CECONCOURS pour UNAUTRECONCOURS, toujours de profs mais un peu moins : les profs de lycée professionnel. Ceux là, ils sont moins savants mais en fait ils sont bi-moins savants. Ils savent moins de choses mais dans deux disciplines : maths-sciences ou lettres-histoire, ou lettres-langues. Devine où j’ai atterri, Henri ? Oui, en lettres-langues même si heureusement pour mes élèves je me contente d’enseigner l’anglais…..

Alors celui là, CONCOURS, je l’ai réussi. J’étais bien contente. Je savais que j’avais un travail pour toute ma vie, au moins jusqu’à la retraite qu’alors je pensais prendre à 60 ans, naïve que j’étais.

En plus je savais que j’aimais les jeunes, l’anglais, faire des photocopies, chercher une salle pour installer ma troupe.

 

Je savais qu’on allait bien rigoler, j’étais optimiste, j’étais jeune, j’étais insouciante. Un vrai Woodstock version Educ’ Nat.

Alors, le grand chef de la tribu m’a envoyée faire une année de stage pour savoir si j’étais apte, si toutefois par hasard je ne tentais pas d’assassiner un élève à coup de workbook, si je ne me faisais pas insulter à chaque heure de cours, si je savais « gérer une classe » et lui apporter le savoir.. Et pour ça, je n’avais que quelques heures de cours par semaine et passais deux jours en formation, où l’on m’a montré comment ne pas trop m’emmerder en classe, comment construire des « progressions », des « séquences » découpées en « séances », (le jargon… à cette époque on ouvrait grand les oreilles pour s’en imprégner, tout nigauds qu’on était, anxieux de le maitriser à la perfection…) . En revanche je ne me souviens pas qu’on m’ait dit comment réagir à un concours de pets, à une somnolence sans doute pas dûe à un excès de révisions, à un conflit inter-élèves/profs, à des insultes voire des jets de projectiles tels compas, tubes de mascaras (la fille est fourbe : elle le lance OUVERT) ou bouts de gommes.

En tout cas, c’est sûr l’année de stage, on a bien rigolé ! J’étais même contente de corriger mes copies, quand je rentrais à la maison j’ouvrais le cartable le cœur battant pour découvrir les niaiseries de ces chérubins.

C’était le bon temps.

 

 

Commentaires

Un roman très autobiographique, non? Et je sais pas pourquoi, je pressens une nette baisse d'enthousiasme pour la suite. Toujours est-il que cela se lit fort agréablement, et donc, cette suite, je l'attends, ma poulette!

Écrit par : Nanou | 08.12.2011

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Oui, je pense pas réussir à continuer, je papillonne trop pour rester sur le même sujet.

Écrit par : Odile | 14.12.2011

Va pas chez Ruquier, ils vont te dézinguer ! Ils dézinguent tout le monde !

Écrit par : macaron | 08.12.2011

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Mais moi aussi !Et puis Ruquier je le supporte pas.

Écrit par : Odile | 14.12.2011

garde ton energie pour nous, Ruquier est devenu très con. Je te promet qu'on saura retenir nos pets et qu'on ne jettera pas de mascara (j'en mets même pas)

Écrit par : Ln | 08.12.2011

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Merci !

Écrit par : Odile | 14.12.2011

Même pas honte de copier : Pareil que Nanou (sauf "ma poulette" que je ne me permettrais pas parce qu'on n'est pas -encore- intimes ;) ) !

Écrit par : Mia | 09.12.2011

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Tu peux, je ne m'offusquerai pas. Je suis très poulettophile.

Écrit par : Odile | 14.12.2011

Tu veux que je te fasse de la peine ?
Ca le fait pas.
C'est agréable à libre, c'est intéressant, mais bon. Y'a pas ce qui compte un max, l'identification à quelqu'un.
C'est du bon blog, mais c'est pas de la littérature. Y'a une grosse marche.
S'il te plaît ma poupée divine, ne pense pas que je te latte la gueule comme je fais pour certains (de quel droit d'abord), mais là, faut que tu revoilles ta copie et que tu travailles sous un angle différent.
Soit plus "journal"
Soit plus "romancé"
Soit plus... ou moins, d'ailleurs !
Mais je t'aime, hein !
Pour de vrai, hein !
Allez ziva, envoie la sauce, cousine !!!

Écrit par : chou | 09.12.2011

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Oh lala mais tu ne me vexes pas, non. Parce que si je n'ai pas l'énergie pour poursuivre c'est que je sens qu'il manque un truc. Oui, ça fait blog, c'est clair. Par contre je ne vois pas ce qui cloche et je ne comprends pas ce que tu veux dire par "identification". Tu veux dire que je devrais broder sur un personnage (moi) et en dire plus? Sinon, le ton "journal", c'est quoi? Je veux bien des conseils. Pas nécessairement dans une optique prétentieuse d'être publiée mais surtout pour faire un truc abouti.

Écrit par : Odile | 14.12.2011

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