28.11.2011
Palabra (mi amor)
Billet du matin, billet chagrin. En vrac, sans construction de la pensée, sans réflexion aucune. Palabres, quoi.
D'abord j'ai eu un coup un coup de coeur pour ça, dont j'entendais parler sans m'y pencher outre mesure, mais ça fait du bien de voir qu'il y a encore des gars créatifs qui te donnent envie de sauter partout...Et pour courir, avec ça dans les oreilles... Et ben tu vas plus vite et plus loin !
Et puis j'ai entendu des paroles de gosses qui m'ont fait rire...
Le CAP de chez nous (le CAP CARROSSIER) (le MAL ABSOLU) (mais on en reparlera), demandant à la prof de sport , l'air chafouin et soupçonneux : "Vous y croyez, VOUS, madame, aux hommes préhistoriques?"
Mon fils cadet, 7 ans et demi, lisant un article du "petit quotidien" sur l"alcoolisme des jeunes : "nous, on le ferait pas, au square avec les copains. T'imagines, on rentre dans un bar et on dit : hop une bouteille ? ..."
......................... Temps de réflexion...
"En plus, je sais même pas où y a un bar."
Salut mes mignons.
08:43 Publié dans en vrac | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
24.11.2011
Les tortues
Les tortues forment un ordre de reptiles (beurk) dont la caractéristique est d'avoir une carapace.
Oui donc ça on savait. Ce qui est vachement intéressant c’est de savoir que la carapace s’appelle « plastron » au niveau du ventre, et « dossière » au niveau du dos (je te le fais pas dire).
C’est ainsi que l’expression « plastronner » a vu le jour. C’est bien connu, les tortues se la racontent un peu.
D’autre part, cette « dossière » vient directement du latin « dossiere » qui signifie trier des dossiers, les perdre et oublier de les transmettre au patron en temps et en heure. C’est pour ça qu’on appelle souvent les secrétaires des tortues. Et pas seulement pour leur propension incroyable à se retourner sur le dos, pattes en l’air, au moment le plus inopportun (après avoir amené le café au boss, sur la photocopieuse, etc…) (mais nous y reviendrons)
L'alimentation des tortues peut se composer de viande ou de végétaux selon les espèces. Alors, je vois bien que tu interloques . Comment savoir si l’espèce que tu as eu la brillante idée d’acheter à l’animalerie du coin préfère la viande ou la salade ? Je ne te cache pas que cette question me hante jour et nuit, provoquant d’atroces cauchemars peuplés de tortues géantes enquillant sans ciller des menus Giant McDo .
C’est simple, ce souci se règle sans problème. Prends ta tortue (c’est une image). Tends lui un steak voire une entrecôte si t’as les moyens. Si elle s’écrie, envoie la béarnaise, elle est carnivore. Si elle ne dit rien et te lance un regard de mépris, elle est herbivore, affiliée Greenpeace.
Les tortues ont un mode de fécondation interne. Le mâle apporte les spermatozoïdes directement dans la zone génitale de la femelle. Alors, là je confirme, pour avoir assisté à une scène torride à Tortueville en Corse, ça copule tout comme nous, DIRECTEMENT DANS LA ZONE GENITALE DE LA FEMELLE. Tout pareil, avec les bruits et tout. C’est simple comme bonjour. La tortue arrive, elle dit bonjour, et paf elle met son zizi dans celui de madame et on n’en parle plus. A ma connaissance, la tortue ne copule pas pour d’autres raisons que la procréation, à l’inverse de DSK qui lui ne copule que pour le plaisir, et le sien uniquement. Comme disait l’autre, le viol c’est quand on pense pour deux .
Avant les accouplements, il y a généralement des combats entre mâles. Les tortues pratiquent différentes parades nuptiales qui varient en fonction des espèces. Les tortues mâles utilisent leurs griffes et leur bec pour s'accrocher aux femelles et obtenir un meilleur accès au cloaque.
Bien.
Alors, Hector ? En effet on peut dire sans beaucoup s’avancer que la tortue mâle ressemble curieusement à l’homme pendant la parade nuptiale. Particulièrement celui qui, chaque samedi soir, se met sur son 31, chaussettes blanches dans les mocassins, et file au Macumba Night de Jouy en Josette, pour choper la bi-ton capillaire, rouge à lèvres permanent et french manucure en goguette. L’utilisation du bec et des ongles reste l’apanage de la tortue virée du FMI, souhaitant à toute force atteindre le cloaque. Et oui, mon ami, toi qui croyais que le cloaque était un machin tout pourri et nauséabond, je dois t’avouer que c’est AUSSI le zizi, le trou qui sert à faire pipi ET caca, et que c’est comme ça que ça copule chez les tortues. (ça doit pas être marrant). (si ?)
Contrairement à d'autres reptiles, les tortues ont généralement un pénis et non un hémipénis. Oh la ! Je te vois, madame, froncer le sourcil que tu as pris soin d’épiler. Non, il ne faut pas confondre hémipénis avec ce que tu vois chaque soir au coucher, à savoir le MINIPENIS de monsieur. Un hémipénis est un zizi qui reste DEDANS le corps. Il ne sort qu’en cas de besoin. C’est très hygiénique, on devrait faire les mêmes pour homme.
Les tortues marines s'accouplent dans l'eau.(en même temps, bon, elles y passent du temps.) Les tortues terrestres mâles s'accouplent avec les femelles (ah bon ? AH BON ????) en grimpant sur leur dos. Je vois pas trop ce qui est original dans ce constat mais Wikipédia est roi.
Les sons émis par les mâles lors de l'accouplement sont très inhabituels.(pardon mais certains sons émis par certains hommes le sont aussi non ? Réfléchis bien, mon amie : oui… Je vois que tu penses à quelqu’un…)
Les femelles restent stoïques et continuent parfois à marcher ou même à manger. Rien d'original. J’en connais qui se demandent ce qu’elles vont faire à bouffer, ou qui se demandent si elles n’ont pas oublié leur progéniture à Leader Price, ou chez Bonpoint, selon qu’elles s’appellent Cindy ou Victoria B.
Nous en venons au but ultime de ce billet d’une utilité remarquable pour qui aime les tortues, j’ai nommé mon amie Sophie. Sinon, je reconnais que ce post est vraiment navrant mais parfois il faut savoir se sacrifier pour la bonne cause.
Que faire lorsqu’on est possesseur de tortues toute petites, et, j’ai envie de dire, parfaitement inutiles ? Et que lesdites bestioles prennent un malin plaisir à se retourner sur le dos à l’instar d’une secrétaire ou de certaines de mes élèves tous les samedis soir au Macumba ? Qu’elles le font JUSTEMENT quand on a le dos TOURNE ??? Quelle ironie tout de même !
Alors même qu’on sait PARFAITEMENT (vu sur Internet / garanti authentique / au moins autant que Doctissimo, qui d’après mes nombreux symptômes me prédisait une mort atroce, lente et douloureuse) que « tortue retournée = deux heures après tortue décédée ? »
L’horrible poids qui pèse sur les épaules de la propriétaire de tortues ! Le stress ! L’angoisse ! Eût elle craint pour sa propre santé qu’elle n’en aurait pas été moins traumatisée !
Hé bien c’est simple. Pour éviter tout décès intempestif de tortue, je suggère de badigeonner le sol de Super Glue 3 ®. Ainsi la tortue baladeuse ne risquera pas de se retourner par un malencontreux hasard et restera droite dans ses bottes, je dirais même, les deux pieds dans le même sabot. Bien sûr, avec ton esprit chagrin tu vas faire remarquer que si le sol est collant, tu ne vas pas pouvoir te déplacer à ta guise, notamment pour aller faire pipi pendant la pub. Mais MA PAUVRE ! C’est bien simple ! Fous toi en apesanteur et nous fais plus chier ! Ainsi tu te déplaceras élégamment dans les airs, jouant ainsi quelque ballet célèbre, un cygne, un ballet brosse, que sais je encore.
Pour finir j’avais envie de replacer la tortue dans un contexte culturel.
Parmi les tortues célèbres, citons :


et aussi :
N’oublions pas non plus cette célèbre citation allitérativement parfaite :
Tour qui tont tes tortues qui tifflent tur nos têtes ?
Bref , la tortue est l’avenir de l’homme.
Saloute, les tortoutes.
17:50 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
23.11.2011
La maternité
La maternité, c’est composé de tout un tas de trucs pas très marrants. Comme, se lever la nuit pendant des mois alors que tes bras tombent tout seuls tellement t’es fatiguée, pour nourrir ce petit machin rose qui hurle de rage. C’est soigner les bobos, prendre la température 14 fois par jour , faire avaler des médicaments à un âne qui ne veut pas en entendre parler, courir aux urgences quand le crâne est fracassé et croire qu’il va mourir et mourir du dedans aussi. C’est, quand ils sont plus grands, les imaginer gisant sur le bas côté de la route , le scooter en bouillie, ou plus rigolo, les obliger à porter une ceinture pour faire tenir leur pantalon.
Bon en gros, tu vois ce que je veux dire.
Desfois la maternité c’est pas seulement croire qu’il va mourir ou l’imaginer sur le bas côté, c’est aussi le perdre pour de vrai. Ca existe, je le sais, je l’ai vu de mes yeux. Ca, ça existe, et ça ne fait que confirmer que personne là haut ne veille sur nous, sinon il ferait pas un truc pareil, ses potes le rappelleraient à l’ordre, c’est pas possible autrement.
Y a une journaliste de France 2 qui s’appelle Anne-Marie Revol. En 2008, ses deux filles en vacances chez leurs grand-parents sont mortes dans un incendie. Les deux d’un coup, paf.
Elle a écrit un livre, Nos étoiles ont filé, un recueil de lettres qu’elle leur a adressées. On m’a prêté le livre, mais j’avais pas envie de le lire, je rigolais, je me disais, « ça va, hein, la vie est assez chiante comme ça, on va pas en plus se taper un truc épouvantable ». Et puis, je ne voulais pas lire en me disant « quelle horreur, pourvu que ça ne m’arrive jamais, », en croisant les doigts superstitieusement , ou pire encore, en me disant, « mieux vaut elle que moi », je trouvais indécent de regarder mes enfants et de me dire que j’avais bien de la chance .
Toujours est-il que le bouquin m’a fait de l’œil et que dès les premières pages j’ai bien failli, le tourner (l’œil). A l’annonce de la mort de ses filles elle hurle « PAS-LES-DEUX , Mon Dieu, pas les deux ». J’ai pensé, c’est mal barré pour que tu finisses, puis finalement je l’ai lu d’une traite. C’est pas larmoyant, c’est pas atroce, c’est juste une somme de constats sur son état, ses émotions, ce qu’elle et son mari ont traversé .
Je me suis d’emblée demandé si je voudrais continuer à vivre ? Ce couple a eu un autre enfant par la suite. Mais quand on est trop vieux ? Peut on vivre ? Patrick Sébastien (spéciale dédicace à Nanou) a perdu un fils et le soir même a assuré son spectacle. Il a inspiré à Linda Lemay une chanson qui s’appelle « Pas les mots », car il lui disait, quand on perd son mari, on devient veuve, quand on perd ses parents on est orphelin, mais quand on perd son enfant, il n’y a pas de mots » (c’est tellement horrible que rien ne peut le qualifier ?)
Alors pour me remonter le moral, j’ai relu « le Bébé » de Marie Darrieussecq. Je suis pas fan de Darieussecq, je n’ai lu que Truismes qui ne m’a laissé aucun souvenir ; par contre, son « bébé » est un pur bijou. Il vaut mieux le lire peu après la naissance d’un de ses rejetons, tant qu’on sent encore soi même le lait caillé, la crème qui pue le poisson et qu’on a un vague souvenir de ce qu’est une nuit complète.
« il sent le pain grillé,le biscuit, la fleurd’oranger, le miel, le lait, et une ou deux fois par jour , la merde »
« Il découvre ses mains et les suit jusqu’à son œil, boum ».
« Un écrivain anglais rencontré brièvement : « les enfants ça aspire tous les sentiments hors de toi. Depuis que ma fille est née je ne peux plus écrire ».
Une réflexion passionnante sur la naissance, la mort, les nouveaux-nés, la genèse d’écriture avortée pendant un temps, les sentiments contradictoires que ce bébé font naître chez la mère… Je l’ai lu peu après la naissance du deuxième et j’ai retrouvé de nombreuses émotions sensuelles : l’odeur, le toucher, les regards.
J’ai réfléchi encore à la maternité. Aujourd’hui mes fils sont plus grands mais encore j’enfouis mon nez dans le cou du cadet qui parfois sent atrocement mauvais, odeur d’école et de saleté et de stylo et de billes mais parfois, je sens encore fugacement cette odeur de chocolatine, je caresse quand il le veut bien la base de son cou si douce , une pêche, du velours, de l’amour et je les regarde et je pense que la m(p)aternité c’est un trou béant qu’on creuse dans un père et une mère et que pendant des années, des décennies ce trou palpite et vibre dès qu’ils sont loin de toi, qu’ils rentrent seuls de l’école (horreur depuis deux mois), et que pour moi, être mère c’est avoir peur, tout le temps.
Alors je pense à Anne Marie Revol, à Servanne, j’essaie d’éloigner les démons, je voudrais leur dire que je les trouve si courageuses, si fortes. Personne ne sait ce qu’elles vivent tous les jours. Personne n’a envie de savoir, tous et toutes on veut conjurer le sort on ferme les yeux et on éloigne l’angoisse.
Parfois j’aimerais bien ne pas avoir peur mais je ne sais pas faire ça. J’attrape au vol les moments de joie je les mets dans ma poche et j’essaie de ne pas les oublier.
A part ça, je pense bientôt écrire un truc rigolo.
Salut les gnous.
18.11.2011
Odile est d'accord
Cette collègue dit la même chose que moi, certes de façon beaucoup plus académique... (c'est sûr que j'aurais mis beaucoup quelques gros mots dans ma prose....)
Quand je vous dis que j'en ai ras le cul (tiens, tu vois !) et que je pense à faire autre chose.....
De : M.C. Perrin-Faivre, professeur de Lettres à Nancy :
“Je le fais pour vous…” a dit notre collègue, Lise B. professeur de Béziers,
qui, en proie à un désespoir absolu, s'est immolée dans la cour de son
lycée.
Qui, vous” ?
Vous, chers élèves, dont je ne cherche pas à me faire aimer avant toute
chose, car je veux rester sourde à la cote d'amour censée mesurer ma valeur
au sein de la communauté éducative”. Vous ne serez jamais, pour moi, les
gamins dont il est question dans les salles des profs”, car je ne serai
jamais ni votre mère, ni votre copine. Mais savez-vous encore la différence
entre un professeur, une mère et une copine ? Ce n'est pas un père trop
souvent absent, irresponsable ou immature lui-même, très souvent votre
meilleur copain, qui vous l'apprendra ! Oui, je continuerai à réclamer le
silence en début de cours et à vous laisser debout tant qu'il ne sera pas de
qualité. Ce n'est pas là volonté militariste de vous humilier, mais
condition nécessaire à mon enseignement : délimitation d'un espace, la
classe, où l'on doit entendre la parole d'autrui : celle des grands auteurs
dont les textes que nous lisons font entendre la voix, respect de la mienne,
simple passeuse de savoir, chargée de structurer votre parole, afin que vous
puissiez, à votre tour, vous faire entendre et être pris au sérieux, respect
de la voix de vos camarades qui s'exercent à formuler leur pensée.
Mais veut-on encore vous apprendre à penser ?
Oui, je continuerai à faire la chasse aux portables et aux I-Pods en cours
pour les mêmes raisons.
Oui, je sanctionnerai, autant que mes forces me le permettront mais il ne
faut préjuger de rien, l'usure gagne vos retards systématiques, votre
désinvolture, vos comportements égocentriques, insolents, agressifs et
insultants, car je suis un être humain, nanti d’un système nerveux qui n'est
pas à toute épreuve, mais conserve le sens de la dignité, de la mienne comme
de la vôtre.
Non, je ne ferai pas de stage pour apprendre à gérer les conflits” et mon
propre stress, comme si des ficelles psycho-techniques pouvaient se
substituer à la loi qui doit être appliquée, à l'ordre que l'institution
doit avant tout garantir, afin de nous protéger vous et moi contre tout acte
de violence verbale ou physique, condition sine qua non pour commencer à
pouvoir travailler. Non, le prof n’est pas un outil qu'on doit rendre plus
performant pour vous mater, vous manipuler ou vous séduire.
Non, je ne négocierai pas mes notes, malgré les pressions : celles de
l'administration qui sait si bien faire porter la responsabilité d'une
moyenne de classe trop basse au professeur, toujours trop exigeant et trop
sévère ; celle de nos inspecteurs qui nous invitent à l'indulgence” dans les
commissions d'harmonisation du Brevet et du Bac et nous enjoignent de
revenir sur les copies aux notes trop basses ; celles de vos parents qui,
dans leur grande majorité, s'alarment à la première de vos faiblesses et me
font savoir que l'année dernière, ça marchait pourtant si bien avec M.
Machin (lequel n’hésitait pas, pour avoir la paix, à surnoter de la manière
la plus démagogique qui soit) ; et celles que vous-mêmes savez si bien
exercer sur les adultes”d'aujourd’hui, plus prompts à laisser faire, à
négocier des contrats, qu'à faire respecter des règles, sans faiblir sachant
qu'ils n’en tireront jamais aucune gratification immédiate – et qui semblent
devenus incapables de supporter cette frustration inhérente à leur fonction
d'enseignant et maintenant d'éducateur.
Non, je ne me transformerai pas en animatrice de MJC , pour ne pas “vous
prendre la tête, ou parce que apprendre et travailler vous gave.”.
Vous, chers collègues, broyés un peu plus chaque jour par une institution
qui ne vous protège plus, en dépit de l'article 11 du code de la Fonction
Publique qui est encore censé protéger le fonctionnaire contre les outrages
ou délits exercés à son encontre dans l'exercice de ses fonctions.
Vous qui jonglez désespérément avec les impératifs de vos programmes qu'il
vous faut boucler impérativement dans l'année, mais que l'on vous enjoint
d’adapter à chacun de vos élèves dont les niveaux sont, d’une année sur
l'autre, plus disparates au sein d’une même classe (puisque les plus perdus
passent dans la classe supérieure au bénéfice de l’âge ou malgré l’avis des
professeurs).
Vous qui vous efforcez de maintenir encore les apparences, alors que tout le
système est fissuré ; vous qui direz au conseil de classe : Tout va très
bien Madame la Marquise, ou , Avec moi ça se passe bien, alors que vous
pouvez, sans guère vous tromper, annoncer en début d'année, qui sera reçu ou
non au Brevet, car les jeux sont faits en septembre et que, pour
l’essentiel, vos cours sont devenus très souvent une garderie culturelle où
vous tentez de maintenir laborieusement une relative paix sociale, en
limitant vos exigences, en surnotant, en renonçant un peu plus chaque jour à
transmettre ce que vous avez reçu, car “l'enfant, au centre du système, doit
construire lui-même son savoir”, choisir ses matières, ses options, pour un
projet devenu essentiellement professionnel. Les valeurs humanistes qui vous
ont structurés sont chaque jour un peu plus bafouées au sommet de l'Etat. Il
s’agit maintenant d'évaluer des compétences à travers des grilles
d'évaluation fabriquées par et pour l'entreprise, au niveau européen,
compétences dites souvent transversales qui n’ont plus rien à voir avec
l'acquisition de savoirs exigeants dans des disciplines bien précises. Le
livret de compétences doit garantir “l'employabilité future”de ceux qui
sortiront du système sans diplôme national reconnu et sans qualifications.
Vous, les professeurs d’'Humanités (latin et grec) dont il est de bon ton de
ridiculiser vos enseignements, que l'on s'est employé à reléguer très tôt ou
très tard dans la journée du collégien ou du lycéen, de manière à faire
chuter inexorablement les effectifs ; vous qui transmettez les fondements de
notre culture et qu'on met en concurrence en 3ème avec l’option DP3,
découverte de l'entreprise…
Vous qui enseignez une option que nos élèves-consommateurs peuvent essayer
au gré de leur fantaisie et abandonner sur une simple lettre de parents qui
obtiendra l'arrêt souhaité, pour peu que les notes de latin du chérubin ne
lui fassent baisser sa moyenne. Vous qui vous sentez responsables, voire
coupables, du désintérêt que ces matières suscitent, vous à qui vos
inspecteurs-formateurs suggèrent de rendre vos cours plus attractifs
(sorties, jeux, Olympiades…) tout en vous sommant de vous conformer aux
Instructions Officielles qui ne transigent pas avec les connaissances
grammaticales à acquérir .Vous dont les classes ne doivent jamais s'ennuyer
! Vous qui êtes, même aux yeux de vos collègues, le prof ringard qui
persiste à enseigner des savoirs désuets et inutiles et qui ne devrait pas
se plaindre…vu ses effectifs réduits.
Vous qui vieillissez, vous qui vous fatiguez plus vite, vous qui êtes
maintenant une loque en fin de journée, lasse du bruit et des tensions
incessantes, à qui le système demande désormais de rendre compte chaque
jour, sur un cahier de textes numérique, de ce que vous avez fait en classe,
heure par heure ; vous que Big Brother place ainsi sous le contrôle
permanent de vos supérieurs et des parents d’élèves ; vous qui pourrez
dorénavant recevoir chaque soir, chez vous, des mails d’élèves, ou de leurs
parents, jugeant normal de vous interpeller par écrit et attendant bien sûr
de vous la réponse rapide qui leur est due. Vous qu’on flique honteusement
comme on ne le fait pour aucune profession. Vous à qui la société entière
peut ainsi demander des comptes à tout moment ; vous qu'on livre à toutes
les pressions aisément imaginables et qu'on place dans la situation de
devoir vous justifier, de vous défendre sans cesse, car vous êtes devenu le
fonctionnaire, bouc-émissaire par excellence, livré régulièrement en pâture
à l'opinion publique.
Vous qui ne comprenez pas l'engouement aveugle, incompréhensible de vos
jeunes collègues pour l'informatique, le numérique, censés séduire nos
nouveaux publics” et stimuler leur envie d''apprendre, alors qu’'ils se
lassent du gadget pédagogique comme ils se lassent si vite de tout dans un
monde consumériste où le seul principe qui vaille est le “tout, tout de
suite”, dans un tourbillon de désirs sans cesse renouvelés et toujours
insatisfaits.
Vous qui en perdez le sommeil ; vous qui ne pouvez travailler avec ce
couteau sous la gorge, vous qui tentez de reconstruire chaque soir une image
acceptable de vous-même au travail avant de vous en remettre au somnifère ou
à l'anxiolytique qui vous permettra, enfin, de dormir, car vous ne pouvez
imaginer tenir vos classes demain sans ces heures de sommeil.
Vous qui travaillez en apnée entre ces périodes de vacances que tous vous
envient et vous reprochent, ultimes bouées qui vous permettent de vous
reconstituer avant de découvrir, à chaque rentrée, que la situation se
détériore irrémédiablement et que vous êtes, vous, professeur, jeune ou
vieux, en première ligne chaque jour, de moins en moins sûr de tenir, si une
volonté politique ne rappelle pas, très vite à chacun (parent, élève,
professeur) la place qui devrait être la sienne dans une institution laïque
et républicaine, si elle ne vous rend pas de toute urgence votre dignité,
votre autorité, et des conditions de travail et de salaire décentes.
Vous, parents, élèves, professeurs, qui espérez qu'on tirera une leçon du
sacrifice de notre collègue.…
Quelle leçon ? Telle est la question !
Alors?
20:31 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
11.11.2011
Intouchables
Salut les poux.
J'avais pas du tout envie d'aller le voir, d'autant que d'après ce que je voyais sur Facebook (le plus grand organisme d'espionnage du monde), les jeunes adhéraient en masse, je trouvais que c'était une raison suffisante pour me méfier.
Mais bon, comme des adultes normalement constitués m'en ont dit du bien, j'y suis allée.
Tu ne PEUX PAS ne pas savoir de quoi ça parle, alors je t'épargne le pitch.
Les critiques sont dithyrambiques, c'est le film de l'année, qui cartonne, qui fait l'unanimité, qui a évité les clichés blablabla.
Alors je vais te dire ce que j'en pense, Hortense, et ça vaut ce que ça vaut (c'est à dire pas grand chose).
C'est un bon moment de cinéma. On rigole bien. On mange des M'n'Ms (moi en tout cas) et on est à peu près bien assis. On a payé un peu cher, mais bon on fait avec.
Si tu es le seul pélerin français à avoir échappé à la promo et à tous les extraits diffusés partout, alors dès le début tu te marres. Sinon, la première demi-heure est quasiment uniquement constituée des vannes vues et revues à la télé. Donc tu prends ton mal en patience, et enfin t'as droit à quelques scènes inédites et rigolotes (à l'opéra notamment).
Cluzet est bon. C'est pas nouveau.
Omar est bon. Il fait du Omar (Thermidor, sors de ce corps). Il est de toute façon irrésistible, quand on le voit se marrer avec sa tête de chenapan, on est de bonne humeur.
Y a tout plein de clichés, mais si ces clichés sont issus de la réalité, alors je vois pas pourquoi on critiquerait.
Par contre, avait on besoin de montrer si nettement le changement de Driss - Omar? A la fin il nous donnerait des leçons d'art... ou de musique classique.
Et Philippe - Cluzet avait il besoin vraiment d'être le vrai bourgeois qui n'écoute que Chopin, et ne connait rien d'autre?
Je déteste les gens qui critiquent systématiquement le film qui marche super bien. Si ça marche en général, il y a des raisons. Je trouve ça hyper snob et souvent les arguments sont ridicules et pseudo intellos. D'ailleurs il y a fort à parier que, comme tous les ans, les César vont les oublier parce que ça a trop bien marché.
Moi, j'ai passé un bon moment. C'est pas le film du siècle mais c'est sympa, c'est bien vu, et le handicap n'est pas vraiment le sujet du film. C'est mieux comme ça, on ne larmoie pas et si on larmoie c'est à bon escient.
J'avais bien besoin de me marrer, ces jours ci alors que le chômage vient de faire toc-toc à la porte. HERE IS JOHNNY !!!!!
19:44 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
09.11.2011
Odile est taguée
C'est quoi donc un tag? C'est quand t'as pas trop d'inspiration alors t'envoies ça à tes copinautes et ils sont contents à leur tour que tu leur trouves des conneries à raconter.
Moi je suis contente, comme Simon Jérémie. Euh, non.
Donc :
1) Vous prenez la place d'une personnalité pour une journée. Laquelle?
Ouais je suis je suis hyper prévisible .
Philippe Djian, pour savoir ce que ça fait d'avoir écrit ces bouquins.

2) Un rêve fou :
Qu'un malin trouve la potion qui permet de rester jeune ( ASSEZ jeune) et surtout en bonne santé le plus longtemps possible.
3) Le pouvoir que vous aimeriez posséder :
Lire dans les pensées.... Ca doit être bien, ça. Paf, tu dis à la conne qui est en train de t'insulter mentalement, "dis donc, ja savais pas que t'étais aussi grossière" (hahaha : tout le monde sait que je ne parlerais pas aussi gentiment mais qu'à la place je lui enverrais mon pied dans la gueule, ou un micro-ondes si j'en ai un sous la main).
4) Une réplique culte :
Bon j'allais citer une réplique de ma célèbre homonyme Odile, mais c'est déjà pris par LN alors je dirais : "hélas y a pas d'hélice, c'est là qu'est l'os" parce que "la grande vadrouille" reste quand même un film culte.
5) Un trait de votre personnalité qui vous amuse :
Bon, je dirais ma tendance à m'emporter contre les poseurs ou les profs du covoiturage, dès qu'ils commencent à me pomper l'air avec leurs conneries : "je regarde rarement la télé. J'écoute plutôt France Inter. D'ailleurs à ce propos y avait une émission fascinante sur la vie des bernard-l'ermite" (ouais ça va j'exagère.) Alors je deviens ironique et cinglante. Plus personne ne dit rien. Tout le monde est consterné. Et après je me dis que j'y suis allée un peu fort. C'est marrant quand même.
6) Une règle que vous ne suivez pas :
Toutes les règles que je m'efforce de suivre en fait : ne pas boire, ne pas fumer, bouffer 5 fruits et légumes par jour. Toutes, je vous dis.
7) La pire chose que l'on puisse dire de vous :
Elle est faux cul.
8) Votre pire erreur de style :
J'en fais pas (je crois pas) Je suis vigilante sur le sujet. Quand on travaille dans l'Education Nationale on voit de telles horreurs, on se MEFIE.
9) Le tube qui tourne en boucle dans votre tête?
Le dernier que je viens d'entendre. Mais en règle générale, si j'essaie de trouver une chanson dans ma tête, je tombe toujours sur "Le Sud" de Nino Ferrer, que je chante atrocement mal.
10) Le plus beau compliment qu'on vous ait dit?
Je t'admire, pour telle ou telle raison.
11) Si vous aviez vécu à son époque, qui auriez vous tenté de séduire?
Lui : pour son regard. Après, vivre avec lui ça devait être hyper chiant, il n'avait pas des horaires trop souples. Toujours en déplacement. Bof.

Tu vois ce regard perdu. Pensif et déterminé? Tout moi.
12) Avez vous menti pendant ce questionnaire?
Bah non, Dédé. Je me suis drôlement creusé la cervelle. C'est pas pour raconter des conneries.
Ca va? Je file le bébé à qui veut bien le faire, Marianne, Domi, si elles passent par là.
Soon, un billet sur les tortues.
09:16 Publié dans en vrac | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
01.11.2011
Polisse
Je ne vais pas très souvent au cinéma, hormis pour les dessins animés des enfants. Je n'ai pas le courage de chercher une baby sitter pour pouvoir m'échapper alors les occasions sont rares. Du coup quand je peux je vais voir LE film dont tout le monde parle. Et j'ai bien fait, les amis.

Bon, on a reproché à Maïwenn des maladresses. Oui c'est vrai il y en a quelques unes, comme le générique de début, avec la chanson de l'Ile aux Enfants. Ou bien le "catalogue" de faits divers tous plus sordides les uns que les autres, ou encore les petits roumains enlevés à leurs parents, qui font la fête dans le bus, après les larmes.
Pour ceux qui ne connaitraient pas le pitch, c'est la vie quotidienne de la brigade de protection des mineurs de Paris. Une photographe s'immerge plusieurs mois dans la vie de la brigade et les suit dans leurs interventions, assiste aux auditions, les accompagne faire la fête.
Eh bien on peut dire que c'est une réussite malgré les nuances citées plus haut. Après tout c'est seulement le troisième film de Maïwenn, et il parait que le Bal des Actrices est réussi, lui aussi.
Elle a 35 ans, seulement, la belle. Elle semble pourtant avoir une sacrée maturité....
Cette plongée au coeur de la BPM est absolument terrible. De la mère paumée qui masturbe ses petits garçons pour les calmer au père de famille aisée qui se vante de violer sa fille et de rien risquer, pas grand chose ne nous est épargné. Le côté documentaire est assez net, la façon de filmer contribue à réellement nous immerger, et le résultat est saisissant. Voire bluffant.
Il parait que les authentiques policiers de la BPM ont trouvé le film très juste. Je veux bien le croire. Malgré les petites maladresses, Maïwenn réussit à énormément nous faire rire. Mais rire, vraiment, pas sourire, de situations cocasses, de dialogues savoureux, ou de pétages de plomb à la cantine. Une scène en particulier, traitant de l'étonnante vie sexuelle des ados, est particulièrement réussie. Les répliques sont percutantes et les fous rires des personnages vraiment communicatifs. Le dosage de l'humour est parfait, ni trop, ni trop peu. Parfois une simple remarque suffit à détendre (la fugueuse gothique moquée par Fred / Joey Starr : "c'est pas les parents qui ont fugué?").
Et se détendre est particulièrement nécessaire. Pour les horreurs qu'ils voient au quotidien mais aussi pour les vies privées dont on se demande comment ils peuvent les gérer normalement : couples à la dérive, familles éclatées, incompréhensions mutuelles....
Et puis quand même... il y a les acteurs. Trois se détachent particulièrement. JoeyStarr, Marina Foïs, et Karin Viard (les deux dernières ont d'ailleurs une dispute mémorable, et Viard est très très bonne). Ces trois, là, pardon... Foïs totalement à l'opposé de ses rôles comiques, en anorexique cynique et épuisée, Viard, en plein divorce compliqué, et Starr en flic à fleur de peau, tendre, bourru et rebelle. Ils m'ont estomaquée, et je n'en croyais pas le dernier capable...
Et puis... Quand il danse, il est sexy quand même...
Faut aller le voir les gens, il faut vraiment pas le louper. You would regret !!!!
(J'attends l'avis de Chou, qui l'a vu peut être, ou le verra bientôt, et celui de Nanou qui n'aime pas trop quand ça crie... Là, ça crie mais ça tord les boyaux, aussi, et quand ça crie c'est justifié).
Ciao les poux.
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